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Une mort tragique dans le Loiret en 1879 — Aimée Brimbœuf empoisonnée par une plante

  • Sophie Dubois
  • 7 juil.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 9 juil.



Les plantes, ces amies qui peuvent être fatales — une mort tragique dans le Loiret en 1879

En retrouvant l'acte de décès d'Aimée Brimbœuf, j'ai été frappée par sa jeunesse — 28 ans seulement. J'ai voulu comprendre. C'est dans le Journal du Loiret du 17 mai 1879 que j'ai trouvé la réponse.


Une vie ordinaire dans le Loiret

Tout commence dans les années 1850, époque à laquelle naît Aimée Brimbœuf, fille de Martin et Marie Trimouille, dans le Loiret. Son père était cultivateur, sa mère domestique.

Enceinte d'un homme non dénommé, elle accouche de son fils Martin dit Émile le 13 septembre 1872 à Quiers-sur-Bézonde (45). La déclaration de naissance est faite par le grand-père de l'enfant, Martin Brimbœuf. Elle reconnaît son fils quatre mois plus tard.


Le 5 mai 1879 — le jour qui va tout basculer

Article Journal du Loiret 17 mai 1879 mort accidentelle colchique Aimée Brimbœuf

Ce jour-là, Aimée est servante de ferme chez le couple Harrault à Auvilliers-en-Gâtinais. En leur absence, elle prépare la soupe après avoir cueilli les plantes nécessaires. Trois personnes partagent le repas : la fille du couple, un autre domestique, et Aimée.

Seules Aimée et la fille du couple ressentent de vives douleurs. Mais le cas d'Aimée s'aggrave peu à peu.

De retour, M. Harrault examine les plantes. Le verdict est terrible. Aimée a confondu deux plantes : la Colchique d'automne, extrêmement vénéneuse, et la scorsonère, comestible. Pire encore : la colchique avait été assaisonnée dans du vinaigre, ce qui a décuplé sa dangerosité.

Aimée mourra dans d'atroces souffrances quatre jours plus tard, le 9 mai 1879. Elle avait 28 ans. Son fils Martin n'avait que 6 ans.


L'acte de décès

Acte de décès Aimée Brimbœuf 9 mai 1879 Auvilliers-en-Gâtinais Loiret archives généalogiques

N° 5 — Décès de Brimbœuf Aimée, 9 mai

L’an mil huit cent soixante-dix neuf, à quatre heures du soir, par devant nous PRESLE Jacques, maire et officier de l’état civil de la commune d’Auvilliers, canton de Bellegarde, département du Loiret, sont comparus BRIMBOEUF Martin, âgé de trente-six ans, cultivateur, domicilié à Gomoru, de cette commune et HARRAULT Alexis, âgé de trente-six ans, propriétaire, domicilié aux Ramonds de cette commune, le premier, frère et le second maître de la ci-après nommée ; lesquels nous ont déclaré que BRIMBOEUF Aimée, âgée de vingt-huit ans, domestique, domiciliée chez le sieur HARRAULT Alexis, sus-nommé, fille de BRIMBOEUF Martin décédé à Quiers et de TRIMOUILLE Marie, âgée de soixante-sept ans, sans profession, domiciliée à Quiers, née à Ouzouer-sous-Bellegarde, est décédée cejourd’hui, neuf mai, à une heure du soir, en son domicile sus nommé, après nous être assuré du décès et avoir fait lecture du présent acte, le second déclarant a seul signé avec nous, le premier ayant dit ne le savoir.

Signatures : PRESLE, HARRAULT.


Martin n'oubliera jamais

Martin pensera toute sa vie à sa mère. En 1902, il épouse à Milly-la-Forêt (91) Pauline Thévenin — petite-fille d'un herboriste. Milly-la-Forêt est un haut lieu de la conservation des plantes, siège du Conservatoire National des Plantes à Parfum, Médicinales et Aromatiques.

Ils appelleront leur fils Jean-Jacques Aimé — en souvenir de sa mère disparue trop tôt.


Cette histoire illustre ce que les archives peuvent révéler quand on prend le temps de chercher au-delà de l'acte. Un prénom, une date, une mort trop jeune — et derrière, toute une vie.

Vous souhaitez retrouver l'histoire cachée derrière un acte ? Contactez-moi.








 

 
 
 

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