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Jean Claude Bergeron, ce disparu qui ne l’était pas tant que çà.

  • Sophie Dubois
  • 13 mars
  • 2 min de lecture

Sortir des sentiers battus… est essentiel.


Tout commence par l’acte de mariage entre Claudine Marie DESCOMBES et Albert Paul GAILLARDIN., le 21 septembre 1907 à Lyon 4ème (AD 69, 2E2074) où figure la mention la concernant, fille « de Jean Claude BERGERON, disparu suivant acte de notoriété passé par devant la Justice de paix du 7ème canton de Lyon le 31 août (1907) » Qu’avait-il pu lui arriver ?

Claudine Marie naît le 22 mai 1884 à Liergues (69) de père inconnu et de Marie DESCOMBES, âgé de 21 ans. Par un acte de reconnaissance dans la même commune le 8 juin 1884, Marie DESCOMBES va reconnaître Claudine Marie.

 

Puis sa mère se marie avec un dénommé Jean Claude BERGERON, toujours à Liergues, le 24 décembre 1885. C’est l’occasion de la légitimation de Claudine par ses parents. L’acte nous apprend que Jean Claude, né le 8 février 1864 à Saint Georges de Reneins (69) exerce la profession de boucher.

Mais le couple divorce le 5 juin 1901 par jugement du Tribunal civil de Lyon.

 

La transcription du divorce dans le registre de Liergues (AD 69, 4E9755) mentionne que le divorce d’avec « Jean Claude BERGERON, agent d’assurances, demeurant ci-devant à Lyon et actuellement sans domicile ni résidence connus en France…se fait au bénéfice de la femme, aux torts et griefs du mari » mais également que le tribunal « confie à la mère la garde de l’enfant issue du mariage ».

Il est donc passé de boucher à agent d’assurances… Y aurait-il un lien avec sa disparition ? Peut-être.

Les recherches classiques notamment dans l’état civil des décès, des tables successions, des recensements n’a rien donné.

 

C’est alors que je me suis tournée vers les registres matricules, et bingo ! Jean Claude est tout simplement un escroc multi condamné : le 2 janvier 1889 à Lyon pour escroquerie, le 27 mars 1895 par la Cour d’Appel de Dijon à deux ans de prison, 50 francs d’amende et dix ans d’interdiction des droits mentionnés à l’article 42 du Code pénal, pour escroquerie » mais il n’y a pas la suite de ses condamnations.

 

J’ai pu compléter ma recherche dans les journaux (La Dépêche du 6 novembre 1894) où il a été arrêté en Espagne à son domicile en possession de livres à souche qui sont « une imitation assez parfaite des billets de loterie de Madrid. Bergeron ne paraissait pas du tout désireux de rentrer en France » Il sera par la suite extradé en France.

 

Le dernier document découvert (Anom) est sa détention à Saint Laurent du Maroni en Guyane où il a été détenu à partir du 28 juillet 1910 suite à sa condamnation par la Cour d’Appel de Paris le 11 avril 1908, « pour escroquerie à 3 ans de prison et à la relégation ».

Il s’en évadera…quelques jours plus tard, le 10 août suivant, et la suite est encore un mystère.




 
 
 

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